Transgrancanaria 2017 – Jamais deux sans trois

Transgrancanaria 2017 – Jamais deux sans trois

Pour la troisième année consécutive, je prends le départ de cet ultra traversant l’île de Gran Canaria. En 2015, je prenais le départ avec une blessure à l’abdomen et, sans surprise, j’avais été contraint à l’abandon. En 2016, je m’arrêtais à 30 kilomètres de l’arrivée simplement parce que j’étais complètement vidé et je n’avais pas envie de marcher jusqu’au bout… Cette fois, je suis mentalement près à marcher très longtemps s’il le faut. À moins d’un sérieux soucis physique, j’irai au bout!

Pour une rare fois, je me retiens et pars prudemment. Je bascule au sommet de la première bosse avec la tête de course féminine dont fait partie Mélanie Rousset, ma coéquipière chez WAA. Malgré le peu d’entraînement en descente, j’ai de bonnes sensations dans la première malgré sa technicité. Je me force tout de même à jouer de prudence et m’économise pour la suite.

Une fois dans la deuxième montée, je me sens super fort et reprends plusieurs concurrents probablement partis un peu vite. J’ai choisi de prendre mes bâtons et je les utilises bien dans cette longue montée. Je suis en contrôle. Je m’alimente bien, avalant 400 kcal à l’heure depuis le départ. J’ai sur moi plusieurs gels GU et quelques barres Naak. Je consomme aussi des fruits aux ravitaillements pour compléter le tout.

Après 5 heures de course, je me sens un peu endormi, mais je sais qu’au lever du jour ça ira mieux. C’est aussi à ce moment que ma cuisse gauche commence à se faire douloureuse. Rien de grave, mais c’est un peu tôt… J’ai fait la majorité de ma préparation sur les skis et j’étais curieux de voir ce que ça allait donner… Je suis entrain d’avoir ma réponse! Prudent en descente et fort en montée, je fais le yoyo avec quelques coureurs que je ne cesse de croiser. Parmi eux, Mélanie qui fait une superbe course! Ce petit jeux va durer plusieurs kilomètres. Je me dis que je finirai bien par tous les dépasser dans les derniers kilomètres puisque je me conserve en descente…

C’est après le ravitaillement de Teror au 56e kilomètre que ma douleur à la cuisse s’intensifie et qu’elle devient inquiétante. Dans la descente vers Tejeda, les choses se compliquent. Je n’avance même plus assez vite pour me garder au chaud. Suis-je blessé ou ai-je seulement mal? Je boite et utilise même mes bâtons en descente. Les premiers coureurs du 80 kilomètres me dépassent à toute vitesse. Pourquoi me suis-je inscrits au 125? Ça à l’air bien plus amusant de courir le 80! Une fois à Tejeda, il me reste 55 kilomètres à faire. À la vitesse à laquelle j’avance, je doute de pouvoir me rendre au bout dans les temps… Je crains une blessure. J’abandonne.

Un problème au pied droit survenu dès mes premiers pas de courses sur l’île a probablement mené à un débalancement dans ma foulée et à cette douleur précoce au niveau des fléchisseurs de la cuisse opposée... Au lendemain de la course, mon pied est d’ailleurs bien plus amoché que ma cuisse!

Je n’ai pas l’intention de retenter l’expérience. Trois échecs c’est bien assez. À l’heure actuelle, je ne sais même pas si je prendrais à nouveau le départ d’une telle course. Je préfère les formats plus courts et je crois que la nuit c’est fait pour dormir… J’en étais déjà venu à ces conclusions à la fin de la saison 2016, mais des opportunités ce sont présentées à moi et je les ai saisis en me disant qu’il valait mieux sortir de ma zone de confort et vivre des émotions… Baliverne!

Courir pour vivre des émotions c’est bien beau, mais quand la plupart des émotions ressentis en course sont négatives, est-ce que le jeu en vaut vraiment la chandelle? J’imagine que pour les gens qui éprouvent une importante satisfaction en franchissant la ligne d’arrivée, la balance des émotions est souvent positive. Personnellement, le fait de terminer une course ne me procure pas grand-chose. Au final, ce qui compte le plus pour moi, c’est le sentiment d’avoir tout donné et il est bien plus facile de le ressentir sur un kilomètre vertical, un cross ou une Skyrace que sur un ultra…

Je n’ai pas encore pris de décision quand aux courses auxquelles je devais prendre part, mais des changements à mon calendrier sont à prévoir... Une participation au Tor des Geants cet automne me semble maintenant totalement absurde. J’aime l’idée de courir longtemps, de voir du pays et de partir à l’aventure, mais les courses par étapes me semblent bien plus appropriées pour ça. En courant le jour, on peut au moins admirer le paysage!

Ma première course à ski

Ma première course à ski

Je participais samedi à ma toute première compétition de ski alpinisme, la Night Race 777 à Loèche-les-bains. C’est une course verticale donc pas de stress avec les transitions, il suffit de gravir les 777 mètres qui nous séparent de l’arrivée et du repas qui nous sera servi au sommet.

Je suis positionné un peu trop loin de la ligne de départ à mon goût, mais pas facile de se faufiler devant avec des skis aux pieds... Je me dis qu’en tant que débutant, je suis à ma place et accepte mon sort. Je ne vise de toute façon pas de performance, l’objectif du jour est simplement de découvrir un nouveau sport et de nouvelles sensations.

Le départ est donné à 18 heure précise. Sans surprise, je me retrouve un peu coincé, mais parviens assez facilement à remonter tranquillement malgré tous ces skis et ces bâtons qui sont remués dans tous les sens. Après une dizaine de minutes de course, nous arrivons sur un long faux-plat… Au vue des chronos des précédentes éditions, je savais bien que le parcours ne serait pas très raide, mais j’avais espoir que la pente soit plutôt constante. Ce genre de faux-plat me désavantage puisque le poids en trop dans mes pieds me pénalise plus à grande vitesse…

Après un deuxième faux-plat, nous frappons un mur... Pas celui redouté les marathoniens, mais un mur bien réel qui à mon grand plaisir semble nous mener jusqu’à l’arrivée. Je réussi à gagner quelques positions, mais les jambes commences à brûler et ça devient de plus en plus difficile. La pente est forte, les peaux d’un des italiens devant moi glissent tellement qu’il se voit obligé d’improviser quelques virages dans la pente pour progresser. De mon côté, mes peaux plus larges sont parfaites sur ce genre de pente.

Dès que j’aperçois l’arrivée, j’accélère le rythme et je parviens à gagner 4 positions dans les derniers mètres de la course, dont une tout juste avant la ligne. Ce fut une chaude lutte jusqu’à la fin. Nous sommes d’ailleurs dix coureurs dans la même minute! J’ai mis 42 minutes et 19 secondes pour parcourir les quatre kilomètres. Le vainqueur du jour, à peine plus de 35.

D’après mes savants calculs, je devais mettre un peu moins de 43 minutes pour compléter l’épreuve. Je me suis basé sur l’écart qui me séparait de Marti Werner sur le parcours de la verticale de Chandolin et son chrono ici même l’an dernier. J’ai aussi considéré les précieuses minutes que mon équipement non optimisé me fait perdre. L’entraîneur en moi est assez content de cette estimation précise, mais j’aurais bien aimé avoir tort et aller plus vite!

Au niveau des sensations, cette course confirme ce que je ressens à l’entraînement. Je préfère monter à ski qu’à pieds… C’est peut-être à cause de ma tendance naturelle à me traîner les pieds! J’ai bien aimé et je comptes bien remettre ça dans deux semaines à la Tzoumaz, une autre verticale, mais avec un format contre-la-montre que j’ai bien hâte d’expérimenter.

J’ai aussi bien aimé l’ambiance. Le repas d’après course et le bon vin valait pleinement les 35.- dépensé pour l’inscription et dans une salle pleine d’athlètes obsédés par leur poids, on était loin de manquer de nourriture! Pour ma part, j’ai préféré remettre la perte de précieuses secondes de gras à plus tard et je me suis nourrit comme un roi.

N'ayant pas trouvé d'images de la course, en voici de la première manche de la coupe du monde qui avait lieu le lendemain:

Trail running gear list: light and cheap

Trail running gear list: light and cheap

Disclaimer: I am running for the WAA Ultra Equipment team, that obviously have an impact on the gear I use but I’ve tried to look at other brand's offering to found the lightest options available. I’m referring to the UTMB list but most Ultras now have a similar mandatory gear list.

The weight listed is for my own personal pieces so the weight is probably a few grams lighter than the weight listed by the brand because I’m wearing a size small and I have a tendency to trim down my gear...

My UTMB gear... 970g for all that!

My UTMB gear... 970g for all that!

First it’s important to put the mandatory gear list aside for a moment and think about what you would need if you were on your own on the same course and in the same conditions. Keep in mind that you could have an accident and have to spend time not moving in a mountain environment. So bring all that plus all the item left on the mandatory gear list.

I am not a specialist in mountain safety and I decline any responsibility if you freeze to death on your run. My pack for UTMB last year weighted under 1 kilogram (without food and water). Here's my list:

Mobile phone

The cheapest option is to use your everyday phone. However smartphone are usually heavy. If don’t plan on taking beautiful pictures and post them on social media during your race, you don’t need a smartphone.

I use a simvalley MOBILE 2in1.

22g / 30€

Personal beaker

Minimum 150 ml. Just cut a box of juice. It’s about 8 grams. Please note that the popular Salomon softcup is only 125 ml so if are you using it you are cheating!

8g / 1€

Water reservoir

I prefer bottles in front over a water reservoir to have a better weight distribution and faster refills. The lightest and cheapest option is to use two simple plastic water bottles. Soft Flasks are the most comfortable but they are heavier, expensive and tend to leak. Rigid bottles are also heavier and they may hurt your ribs.

I use two basics 500 ml water bottles.

36g / 1€

Two torches with replacement batteries for each

If you have a crew or a well placed drop bag, the best is to carry two emergency headlamp like the Petzl e-lite and use your bigger headlamp only for the night. One of the e-lite with spare batteries is probably lighter than your spare battery so if you can go through a full night with your headlamp don’t carry an extra battery.

One of my e-lite is bright enough to move safely in the mountains. I would lose time going downhill but maybe not so much if I use both headlamps at the same time. The new version of the lamp is a lot brighter with 50 lumen.

62g / 50€ (2 e-lite with spares batteries)

During the night I use a Armytek Wizard Pro V3. It’s Antoine Guillon choice so I’m sure there aren’t many better headlamps in terms of lumen per gram... At $95 it’s also decently priced. I ran trough the night at last year UTMB alternating between the 165 and 390 lumen intensity on one single battery.

136g / $95

Antoine must have missed one... At half the weight (65g) and with a better battery life, the Stoots HELKA is probably the best option out there. The lamp is made in France and cost 125€.

Survival blanket

Minimum 1.4m X 2m

46g / 5€

An emergency bivvy is heavier (about 100g) but it may be more effective at keeping you warm and in a worst case scenario it could save your life.

Whistle

There’s probably one attached to your bag.

Adhesive elastic band

Cut it to the minimum length.

Food reserve

The lightest and cheapest would probably be white sugar but dried raisins is the way to go. It’s about the same calorie to weight ratio than gels but way cheaper. Eating food at the aid station is also a good way to save money and carry less weight. Burning your own body fat is also an option.

Waterproof and breathable jacket

Because very cheap waterproof options are never breathable it’s hard to go cheap on that one... I’m using the Ultra rain jacket from WAA.

159g / 189€

At 134 g the Montane Minimus 777 Pull-On is the lightest I’m aware of. It cost £190 (215€) which is quite a bit more than the WAA option and I definitely prefer to have a full-zip on my rain jacket despite the few extra grams.

Long running trousers

If you wear knee high socks, a pair of capris will do because together they “cover the legs completely” but remember: style trumps weight. Only wear high socks if you feel great in them.

I use the WAA Ultra light pants.

59g / 79€

Warm midlayer top

Here UTMB gives you two options. I prefer the combination of light layer (110g) and a jacket than the heavier (180g) layer alone. I use my finisher price from last year X-Alpine because it exactly the minimal weight and surprizingly warm. It's a Compressport ON/OFF multisport long sleeve shirt in combinaison with the WAA Ultra light jacket.

110g / CHF 99 (long sleeve)

80g / 89€ (jacket)

Any 180 grams layer would be a lighter and probably cheaper option. However, I like to carry the light jacket in my pocket so I can quickly put it on and off. Buying a jacket one or two size bigger allow you to put it over your backpak.

Once again Montane seems to win the weight game with their Featherlite 7 Jacket which is listed at only 47 grams! It is expensive at £100 (114€) and doesn't have a hood... I can tell you that I was happy to have a hood on my jacket at last year Hong Kong 100!

I was happy to have my light jacket that day!

I was happy to have my light jacket that day!

Cap or bandana or Buff

Half a buff is enough.

16g

Warm hat

I have a lightweight one from WAA.

25g

Warm and waterproof gloves

It can be two pairs. Dish washing gloves are fine for the waterproof ones. I tend to get cold hand quickly so this is the first item where I would go with an heavier option in case of cold weather forecast.

59g (for the two pairs)

Waterproof over-trousers

I use the Ultra Rain pants from WAA.

98g / 129€

The Salomon S-lab hybrid pants are not fully waterproof but if they are accepted, they are the lightest option I’ve seen at 80g. Based on the UTMB gear FAQ, they wouldn't be accepted. The rain pants have to be waterproof it's the breathability that doesn't seem to be important for them. Anyway a 200€ price tag is a lot for a pair of pants you will rarely use!

Backpack

It’s not on the list but you have to carry all that stuff... I use the WAA Ultra-bag pro 3L. It’s big enough to carry everything listed here so I don’t think anyone needs more than a 5 litre bag even if the go very safe and carry a small puffy jacket or a gore-tex vest...

139g / 59€

The Salomon S-lab sense Ultra set is listed at 110g but cost 120€... At least for that price you get two comfortable and practical soft flasks. However, I owned one of these in the past and I found that the fabric tend to strech with time... Also the large back pocket can't be securely closed and I prefer to have a zipper like on the WAA pack so I'm sure nothing falls off.

Poles

Also not on the obligatory list but it’s on the “very strongly recommended” one. The cheapest and lightest is to go without poles. However if you’re looking for light and cheap poles I would recommend the Gipron 310 Mont-Blanc. The aluminum version is listed at 160g per poles and is only 70€. I use the carbon version of these. They are more expensive but only weight 110 grams each!

110g / 175€

Shoes

The cheapest and lightest option is to go barefoot.

 

In conclusion, I can say I definitely have the best sponsor! The lighter options are rare and you always have to spend more money for gear who often lack useful features. If you want to go superlight without spending too much, WAA Ultra Equipment is definitely the right choice!

0g / 0€

The million dollar question

Version française un peu plus bas.

 

With the year change, many will set objectives or resolutions for the upcoming year. It’s a great moment to reflect on life and think about what we do and what we want to do. In reflective moments like these, there’s a question I like to ask myself: What would I do if I had 10 millions dollars?

The goal of the question is simply to know what you would do if money didn’t matter. Would you keep your actual job? Would you move somewhere else? Etc. I warm you: asking yourself THE question can change your life. Sometimes it make you realize that you can already do some of these things. You just have to make the move towards that ideal life where money isn’t an issue. Other times, money is needed to reach your utopia but lessons can still be learned from your answer and help you get on the right path.

It’s also a great question to ask the people around you to know them better. Some people will just give you a list of everything they would buy, others, tell you they would donate all of it... Materialist and liars aside, most answers are very interesting.

Today I can say that I’m on my way to my millionaire life. I’m living the dream.

Avec l’arrivée de la nouvelle année, plusieurs se fixeront des objectifs ou choisiront des résolutions. C’est un bon moment pour prendre un peu de recul et penser à ce qu’on fait et ce que l’on veut faire. Dans ces moments de réflexion, il y a une question que j’aime bien me poser: Que ferais-je si j’avais 10 millions de dollars?

Le but de la question est simplement de savoir ce que vous ferriez si l’argent n’avait aucune importance. Garderiez-vous votre emploi? Déménageriez-vous? Etc. Je vous prévient: LA question peut changer votre vie. Parfois, elle vous fait réaliser que vous pouvez déjà faire ce que vous ferriez avec tout cet argent. Il suffit alors de prendre les moyens pour se rapprocher de cette utopie où l’argent n’est jamais un problème. D’autres fois, vos rêves nécessitent de l’argent, mais vous pouvez tout de même tirer des leçons de votre réponse. Ces leçons peuvent ensuite vous aider à vous remettre sur la bonne voie.

C’est aussi une bonne question aux gens autour de vous pour mieux les connaître. Certains vont juste vous donner une liste de tout ce qu’il achèterais, d’autres, vous diront qu’ils donneraient tout... Hormis les matérialistes et les menteurs, la plupart des réponses sont intéressantes.

Aujourd’hui, je peux dire que je suis sur la bonne voie vers ma vie de millionnaire. Je vis mon rêve.

Shoes.

Like many runners, I love shoes and own a lot of them. First of all, it’s important to point out that shoes aren’t that important... Training and nutrition probably have a much bigger impact on your performances but I believe it’s important to look at running performance as a whole and shoes are a part of that big picture.

Shoes for every conditions.

Shoes for every conditions.

I totally agree with the idea that humans are born to run. As a species we have evolved to cover long distance on foot in the heat. This mean running slowly on mostly flat terrain for hours on end. What about running down a mountain pass as fast as possible in the end of an ultra or simply running a very fast road marathon time? These are totally different situations. I have myself ran in minimal footwear in the past and I still run with thinner shoes sometimes in training but I could no longer be called a “minimalist runner”. I believe that a more minimal shoe can help some people to run with a higher step frequency and reduce impacts which may prevent injuries and make them more efficient. However, when it comes to performances in mountain ultra marathon, minimal footwear may not be the most appropriate.

Ultra running performance can mostly be improved by minimizing the slowing down happening in the later stage of a race. Therefore, finding the factors that slows you down is key. Everybody’s different and those factors vary from one person to another. Many runners slow down simply because the aren't eating enough during the race but muscle pain can also slow you down. For some it’s the quads who give up first, for others, like me, it’s the calves and feet. If your quads give up on you despite proper downhill training, running in a more minimal footwear could be a good idea to increase your stride rates and reduce the stress on your quads, knee and back. For runners like me, it’s the other way around. I run with a very high step frequency, higher than 180 (approaching 200 in average for a road marathon!). If I race in a more minimal shoe, my feet and Achilles tendons get really sore but my quads are fine. With a more cushioned footwear, I can cross the finish line with my legs totally trashed. Every muscle group equally destroyed. That’s how you optimized performance! Of course shoe weight matters when it comes to running economy but nowadays we can find lightweight cushioned shoes so it’s not really an issue anymore. Thank you Hoka One One!

Cushioned shoes can be light!

Cushioned shoes can be light!

What I’m trying to say is that everyone has to find it’s own optimal footwear and the distance to run or the runners weight aren’t very important in this decision process. Actually, I think it is more a matter of speed than weight. More cushion for shorter races totally make sense to me. It’s impressive to see the number of people who think body mass as anything to do with the amount of cushioning they need for running. Overweight people are probably better with minimal footwear to prevent getting injured. They may not maximize performance going this way but they have a lot more to gain by losing fat mass first.

As a sport scientist, I have read a lot of papers about running footwear. I first thought about adding references to this post but it would have ended up being a critical review. Most studies on running footwear are done with fresh runners on treadmills. They often conclude that a lighter shoe is better but the conditions of the test are far from what we found in a mountain ultra marathon. There’s also at least one study pointing to a superiority of cushioned shoes for trail running but in this case the subjects weren't used to the minimal footwear tested so it’s hard to agree with their conclusion. There’s definitely room for improvement in this area of research. I’m pretty sure shoe company have a lot of good data but they keep it for themselves. It will be interesting to see what are the specifications of the shoes used in the sub 2 hours marathon attempt announced by Nike.

La Saintélyon

À 23h40, le départ est donné. Sans surprise, l’allure est rapide, mais je m’efforce de ne pas courir plus vite que mon allure marathon... Je cours en compagnie de Yoann Stuck un moment et çà me rassure un peu de voir qu’un des favoris a aussi choisi de courir « lentement » au début.

Parcours "facile". Comme toujours, la difficulté, c'est d'être à la limite, d'aller le plus vite possible. 

Parcours "facile". Comme toujours, la difficulté, c'est d'être à la limite, d'aller le plus vite possible. 

J’ai bien trop chaud avec ma veste et décide de l’enlever ce qui implique de d’abord enlever le dossard et les sur-gants... J’ai presque terminé la manœuvre quand j’échappe ma veste sur la route. J’évite de justesse de me faire piétiner en la récupérant. Je m’arrête sur le bord de la route, me vide le cœur: « Osti de calisse de tabarnack », met la veste dans ma poche, puis repart à toute vitesse. Je n’ai pas perdu beaucoup de temps, mais des dizaines de positions ! Je remonte rapidement, mais je ne reviendrais pas jusqu’à Yoann et il y en a beaucoup d’autres devant. Difficile de savoir combien avec tous les relayeurs, mais je fais ma course en fonction de mes sensations donc ça m’est un peu égal.

J’ai d’ailleurs failli courir sans montre. Le GPS devait s’être activé et la pile s’est vidé durant la journée... C’est quand j’ai réalisé que j’avais besoin d’un chrono pour gérer mon alimentation que je me suis mis à la recherche du coureur qui pourrait me prêter un câble pour la recharger. Au nombre de participants, ça n’a pas été trop long à trouver!

Au premier ravitaillement (km 16), une pause de 4 minutes aux toilettes me fait perdre pas mal de terrain... Au moins ça ma fait le plus grand bien et je peux ensuite courir sans gênes. J’ai souvent eu de la difficulté avec l’alimentation lors des courses de nuit, mais ça c’est plutôt bien passé cette fois-ci. Au final, j’aurai avalé en moyenne 3 gels par heure, donc 300kcal/h. Je me sentais bien mieux les quelques heures ou jetais à 4 gels. C’était d’ailleurs l’objectif, mais ce n’était pas toujours facile avec les gants qui rendent toute manipulation plus difficile... à un certain moment, je pouvais à peine ouvrir mes gels tellement j’avais les doigts gelés… Il ne faisait pas très froid, mais disons que mon corps à compris qu’il valait mieux envoyer le sang vers les jambes que les mains pour courir vite !

Jusqu’au dernier ravitaillement, à une dizaine de kilomètres de l’arrivé, j’étais dans ma bulle et j’avançais bien. Il est facile d’être absorber par le moment présent quand on court à la frontale. Ceci-dit, c’est un peu dommage de courir la nuit, puisqu’on ne voit pas le paysage… Quoique ça ne doit pas être extraordinaire... Depuis que vis au paradis, il m’en faut pas mal pour m’impressionner!

J’ai perdu 2 positions dans les 10 derniers kilomètres. Les deux fois en descente et malgré de solides efforts dans les montés, je n’ai pu revenir sur eux. Je termine finalement 16e en 5 heures et 56 minutes. Avant la course, je croyais pouvoir terminer en 5 heures 45 et faire un top dix. Je crois encore que sut été possible dans un grand jour.

In the zone.

In the zone.

Au vue de mes sensations à l’entraînement et en course, je crois maintenant être aussi en forme que lors ma grosse performance en Californie il y a deux ans. Le résultats n’est certes pas aussi bon, mais je crois que c’est plutôt dû à un effort moins “maximal”... Je peux vous dire qu’il était bien plus facile d’être au max sur des single tracks parfait sous le soleil qu’en pleine nuit sur le bitume Lyonnais…

Trois jours après la course, je sens que j’ai bien récupéré et je vais pouvoir profiter de l’absence de neige pour courir beaucoup dans les prochaines semaines. J’irai d’ailleurs défendre mon titre au Neujahrsmarathon le premier janvier.

The hunger game

Durant mon stage au service du sport de la clinique romande de réadaptation, j’avais accès à une superbe machine pouvant évaluer de façon précise ma composition corporelle, le BOD POD. Je vous épargne les détails sur le fonctionnement de l’engin, mais je vous assure que la mesure est précise.

Le BOD POD.

Le BOD POD.

Avant mon premier BOD POD, mon pèse personne bon marché me donnait, par bio impédance, 8% de masse grasse… Je trouvais ça un peu bas, mais j’aimais bien y croire. Je m’attendais à être au dessus des 10%, mais pas beaucoup… 12% peut-être? Surprise: 16%! D’abord un peu choqué par le résultat, je me rends rapidement compte qu’il s’agit en fait d’une excellente nouvelle… Le potentiel de perte, donc d’amélioration de performances, est énorme! Aussi, ça me rassure un peu… J’avais depuis un bon moment l’impression d’être gras, mais comme ma balance et quelques êtres humains affirmaient le contraire, je commençais à croire que j’avais des troubles de perceptions de mon corps. 

J’ai aussi réalisé que la quantité de masse musculaire que j’ai perdu suite à mon arrêt du triathlon (et du travail à la ferme?) est très importante. Je pesais 68kg avec 8% de masse grasse à l’époque (mesuré avec un DXA, donc très précis). J’ai donc perdu autour de 7kg de masse musculaire durant les dernières années! Il faut dire que j’avais de sacrés pectoraux et un dos bien musclé à l’époque… Malheureusement, contrairement au DXA, le BOD POD ne peut pas me dire de quelle façon ma masse maigre est réparti. Sur 7kg, j’ai peut-être aussi perdu un peu de cuisse…

Demi Ironman du Mont-Tremblant 2012. Je pèse alors 68kg avec 8% de graisses.

Demi Ironman du Mont-Tremblant 2012. Je pèse alors 68kg avec 8% de graisses.

Je suivais déjà une alimentation végétalienne riche en glucides depuis quelques temps et comme on dit que c’est une bonne façon de perdre du poids, j’ai simplement réduit la taille de mes collations. On recommande de ne pas s’imposer un déficit calorique supérieur à 500 kcal par jour, mais les championnats du monde de trail approchait et c’eût été manquer de respect à mon équipe et à mon sport que de me présenter sur la ligne de départ en surpoids… Je pousse donc un peu le déficit et c’est là que commence la « Hunger game ». Honnêtement, ce n’était pas aussi pire que ce à quoi je m’attendais. En fait, c’était même plutôt facile… Je crois que le type de régime y est pour beaucoup. Au repos comme à l’exercise, quelqu’un suivant un régime riche en glucides brûle forcément plus d’hydrates de carbones et moins de graisses que quelqu’un qui mange un régime « équilibré », mais il brûle tout de même de la graisse… En mangeant très peu de graisse, la quasi-totalité des lipides brûlés viennent donc forcément des réserves corporelles.

En deux semaines, selon le BOD POD, j’ai perdu 4 kg de masse grasse et pas un gramme de masse maigre. En plus, j’ai tout de même de l’énergie pour mes entraînements (ce qui est moins évident lorsqu’on suit un régime faible en glucides). C’est vraiment efficace ce régime et c’est aussi très simple à suivre. Aucun produit d’origine animale comme tout régime végétalien, mais aussi aucun aliment gras. Exit les noix, huiles et les avocats. (Je consomme seulement des graines de lin en petite quantité dans l’espoir d’obtenir les acides gras essentiels dont mon corps à besoin). Seulement 8% de mon apport calorique quotidien vient des lipides, environ 15% des protéines et le reste des glucides (donc plus de 75%). Ce qui est bien, c’est que ça donne des assiettes qui sont énormes et j’ai au moins l’impression d’être bien plein à la fin des repas. C’est un régime très « satisfaisant » et l’envie de tricher ne se présente jamais à moi… Après tout, je donne à mon corps ce qu’il veux: des glucides. Alors je mange quoi? Du riz, des pommes de terre, du sarrasin, de la polenta, des flocons d’avoine, des lentilles, des haricots, des fruits et des légumes.

Bon, revenons à la « Hunger game »… Deux semaines plus tard, j’avais perdu 1,5 kg de masse grasse supplémentaire. J’étais alors sous les 10% et ma masse maigre n’avais toujours pas changée. La grande quantité de glucides consommés aide probablement à éviter la dégradation des protéines musculaires qui pourrait survenir en situation de restriction calorique. Donc 5,5 kg de graisses perdu en 4 semaines! Est-ce qu’il m’arrivait d’avoir faim? Certainement, mais rien d’extrême. C’était facile.

Championnat du monde de Trail 2016. Je suis alors à 62kg dont 9% de masse grasse. Photo: Nuno Vieira.

Championnat du monde de Trail 2016. Je suis alors à 62kg dont 9% de masse grasse. Photo: Nuno Vieira.

Je dois avouer prendre plaisir à avoir un certain contrôle sur mon corps… J’ai toujours eu beaucoup de respect pour les gens, comme les body builders, à la recherche d’une « perfection » corporelle. Cette quête, aussi futile soit-elle, à quelque chose de beau à mes yeux. Ce qui est intéressant, c’est que cette « perfection » est différente pour chacun et varie en fonction du sport que l’on pratique et de l’idéal à atteindre. Pour plusieurs, Rémi Bonnet est trop mince. Pour moi, il a le physique idéal. C’est d’ailleurs un des meilleurs grimpeur en trail comme en ski-alpinisme. Même chose pour bien des coureurs de l’Afrique de l’est. Leur avantage principal vient de leur morphologie… Leur VO2max n’a souvent rien d’exceptionnelle, mais des membres très fins leur confèrent une économie de course exceptionnelle.

Rémi Bonnet. Photo: IrunFar/Meghan Hicks

Rémi Bonnet. Photo: IrunFar/Meghan Hicks

Il faut peut-être un certain contrôle pour en arriver à son véritable poids de forme, mais je ne crois pas qu’il soit mal de peser ça nourriture ou de calculer des calories. Ce n’est certainement pas pire que de calculer de l’argent ou de s’attarder à l’allure de sa voiture ou de sa maison. Après tout, notre corps est la seule chose que l’on possède réellement et s’il faut être obsédé par une seule chose dans la vie, mieux vaut que ce soit quelque chose de vrai, de tangible et qui nous appartiendra toujours. L’idée ce n’est pas d’être beau, un culturiste et un marathonien élite ne sont pas « beaux ». Selon moi, la beauté ne réside pas dans le résultat, mais plutôt dans le processus. Y a-t-il quelque chose de plus noble en ce bas monde que la recherche de la perfection?

Championnat du monde de Trail 2016

Cette année, les Championnats du monde de Trail ont lieu dans le Parc national de Penada-Gerês au Portugal. Au menu: 85 kilomètres et 5000 mètres de dénivelé positif. L'an dernier à Annecy, je terminais 29e et c'est avec l'objectif d'améliorer ce classement que je me rends au Portugal.

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Le départ est donné à 5 heure samedi matin. J'ai de superbes sensations dans la première montée. Ça fait longtemps que je ne me suis pas senti aussi fort! Le fait d'être en compagnie d'Andy Symonds me fait tout de même douter de ma capacité à maintenir le rythme... Normalement je fait confiance à mes sensations et je ne fait pas trop attention aux coureurs qui m'entourent... Ma saison difficile a peut-être eu raison de ma confiance? Je perds un peu de temps derrière un coureur maladroit dans la première descente, mais je reviens quand même sur le groupe "Symonds" dès le début de la deuxième ascension. Je réussi à facilement avaler 400 kcal par heure dès le début de la course ce qui m'encourage à maintenir le rythme. Je n'ai pas de très bonnes sensations à la marche, je préfère donc courir tout ce que je peux. Avec mes jambes de Kenyan c'est probablement plus efficace de toute façon...

Crédit photo: Matias Novo

Crédit photo: Matias Novo

J'arrive au ravitaillement du 30e km complètement dans ma bulle. C'est un ravitaillement express pour moi. J'omets même de remercier mon équipe de soutien tellement je suis concentré! Je perds quelques positions dans la montée suivante au dépend de très bon coureurs comme Urs Jenzer et Yeray Duran, mais je maintien un bon rythme. Autour du 35e kilomètre, sachant que le ravitaillement suivant est encore loin, je prends le temps de remplir mes bouteilles et de me rafraîchir dans un ruisseau. C'est la plus belle section du parcours, un endroit parfait pour prendre une petite pause! J'aborde quand même la grosse montée de la mi-course avec une réserve d'eau limitée. J'en suis au 40e kilomètre quand je commence à faiblir. J'aimerais bien augmenter l'apport calorique, mais je n'ai plus d'eau pour accompagner mes gels... J'avance avec difficulté et les trois premières femmes me dépassent facilement. Je fais ce que je peux et consomme un gel "à sec", mais je le vomis un peu plus loin... J'arrive enfin au ravitaillement du sommet où je prends le temps d'avaler beaucoup d'eau en plus de remplir mes bouteilles. Je n'arrive pas à retrouver un bon rythme dans la descente et les choses deviennent compliqués... Je crains une défaillance majeure comme celle que j'ai connu dans mes trois derniers ultras.

Crédit photo: Nuno Vieira

Crédit photo: Nuno Vieira

Je retrouve mon assistance au ravitaillement du 55e kilomètre. Alors que j'ai l'impression d'être déjà en mode "finisher" et que je mentionne à mon équipe que je ne suis pas très pressé, Julien me rappelle que chaque minute compte... Ça me motive à tenter d'augmenter l'intensité d'un cran. Après tout, je porte la camisole du Canada et ce n'est pas seulement pour moi que je cours... Même si les choses ne se passent pas comme je le souhaite, je dois absolument tout donner aujourd'hui. Je me sens un peu mieux quelques minutes plus tard, mais je suis hésitant à ouvrir la machine. Les terribles sensations de mes derniers ultras semblent me hanter... Une raideur à la hanche droite me ralenti considérablement dans la dernière grosse montée, mais je suis déterminé à finir en force dans la descente. Il me faut du temps pour retrouver mes jambes après le sommet, mais une fois lancé, je suis bien et mon rythme est enfin acceptable.

Crédit photo: Matias Novo

Crédit photo: Matias Novo

Je me dépêche au dernier ravitaillement pour éviter de perdre mon rythme. Malgré une pause supplémentaire pour vérification du matériel obligatoire, les jambes sont toujours bonnes à la sortie. Après quelques kilomètres à courir a toute vitesse, je reviens finalement sur quelques coureurs et s'en suis une belle remontée de fin de course! Je me permets même de franchir la ligne d'arrivée comme il se doit, au sprint. Contrairement à mes précédents sprints de fin d'ultra, mes jambes ne sont pas à la limite des crampes, je cours bien, je vole. 

Crédit photo: Miro Cerqueira

Crédit photo: Miro Cerqueira

J'ai terminé la course en 57e position. Avec le recul, j'ai l'impression d'avoir couru avec un peu trop de retenu en milieu de course et peut-être même au départ... L'an dernier, je ne me gênais pas pour courir devant n'importe qui! Je suis bien content d'avoir enfin eu de bonnes jambes dans un ultras.. Il me suffit maintenant de retrouver toute ma confiance et les superbes sensations que j'avais en fin de course vont certainement aider!