À 23h40, le départ est donné. Sans surprise, l’allure est rapide, mais je m’efforce de ne pas courir plus vite que mon allure marathon... Je cours en compagnie de Yoann Stuck un moment et çà me rassure un peu de voir qu’un des favoris a aussi choisi de courir « lentement » au début.

Parcours "facile". Comme toujours, la difficulté, c'est d'être à la limite, d'aller le plus vite possible. 

Parcours "facile". Comme toujours, la difficulté, c'est d'être à la limite, d'aller le plus vite possible. 

J’ai bien trop chaud avec ma veste et décide de l’enlever ce qui implique de d’abord enlever le dossard et les sur-gants... J’ai presque terminé la manœuvre quand j’échappe ma veste sur la route. J’évite de justesse de me faire piétiner en la récupérant. Je m’arrête sur le bord de la route, me vide le cœur: « Osti de calisse de tabarnack », met la veste dans ma poche, puis repart à toute vitesse. Je n’ai pas perdu beaucoup de temps, mais des dizaines de positions ! Je remonte rapidement, mais je ne reviendrais pas jusqu’à Yoann et il y en a beaucoup d’autres devant. Difficile de savoir combien avec tous les relayeurs, mais je fais ma course en fonction de mes sensations donc ça m’est un peu égal.

J’ai d’ailleurs failli courir sans montre. Le GPS devait s’être activé et la pile s’est vidé durant la journée... C’est quand j’ai réalisé que j’avais besoin d’un chrono pour gérer mon alimentation que je me suis mis à la recherche du coureur qui pourrait me prêter un câble pour la recharger. Au nombre de participants, ça n’a pas été trop long à trouver!

Au premier ravitaillement (km 16), une pause de 4 minutes aux toilettes me fait perdre pas mal de terrain... Au moins ça ma fait le plus grand bien et je peux ensuite courir sans gênes. J’ai souvent eu de la difficulté avec l’alimentation lors des courses de nuit, mais ça c’est plutôt bien passé cette fois-ci. Au final, j’aurai avalé en moyenne 3 gels par heure, donc 300kcal/h. Je me sentais bien mieux les quelques heures ou jetais à 4 gels. C’était d’ailleurs l’objectif, mais ce n’était pas toujours facile avec les gants qui rendent toute manipulation plus difficile... à un certain moment, je pouvais à peine ouvrir mes gels tellement j’avais les doigts gelés… Il ne faisait pas très froid, mais disons que mon corps à compris qu’il valait mieux envoyer le sang vers les jambes que les mains pour courir vite !

Jusqu’au dernier ravitaillement, à une dizaine de kilomètres de l’arrivé, j’étais dans ma bulle et j’avançais bien. Il est facile d’être absorber par le moment présent quand on court à la frontale. Ceci-dit, c’est un peu dommage de courir la nuit, puisqu’on ne voit pas le paysage… Quoique ça ne doit pas être extraordinaire... Depuis que vis au paradis, il m’en faut pas mal pour m’impressionner!

J’ai perdu 2 positions dans les 10 derniers kilomètres. Les deux fois en descente et malgré de solides efforts dans les montés, je n’ai pu revenir sur eux. Je termine finalement 16e en 5 heures et 56 minutes. Avant la course, je croyais pouvoir terminer en 5 heures 45 et faire un top dix. Je crois encore que sut été possible dans un grand jour.

In the zone.

In the zone.

Au vue de mes sensations à l’entraînement et en course, je crois maintenant être aussi en forme que lors ma grosse performance en Californie il y a deux ans. Le résultats n’est certes pas aussi bon, mais je crois que c’est plutôt dû à un effort moins “maximal”... Je peux vous dire qu’il était bien plus facile d’être au max sur des single tracks parfait sous le soleil qu’en pleine nuit sur le bitume Lyonnais…

Trois jours après la course, je sens que j’ai bien récupéré et je vais pouvoir profiter de l’absence de neige pour courir beaucoup dans les prochaines semaines. J’irai d’ailleurs défendre mon titre au Neujahrsmarathon le premier janvier.